Hier il était midi.
À midi on se pose toujours de grandes questions existentielles, à côté du sel et de la sauce béarnaise. Ce midi il y en avait une, juste là, imperturbable et provocatrice, qui fixait un à un les convives jusqu'à ce qu'ils se sentent profondément coupables pour une raison qu'ils ne parvenaient pas tout à fait à saisir. Cette question-là était profondément infâme d'arrogance et d'audace, n'hésitant pas à pousser chacun d'entre eux à bout, jusqu'à ce qu'ils se lèvent pour déclarer d'un air gêné qu'ils allaient prendre l'air quelques minutes. Elle leur inculquait des pensées incongrues qui leur étaient étrangères. En effet aucune de ces pensées ne ressemblait de près ou de loin à « qu'est-ce que je vais manger ce soir ?» ou encore « il faut que je passe chercher mon cheval chez Hans ». Non, là, c'étaient des choses avec des mots tordus, le genre de trucs qu'ils cherchaient consciencieusement à éviter d'habitude. Parmi ces mots : « existence », « raison », « être » ; enfin tout un tas d'objets dangereux dont il vaut mieux se tenir éloignés, pensaient-ils.
mercredi 20 octobre 2010
samedi 2 octobre 2010
L'Homme au nom improbable
Dvořák, en fait d'improbabilité. Antonín Leopold Dvořák (je sais, c'est dur pour tout le monde).
Toujours est-il que son nom à l'orthographe passablement terrifiante pour nos claviers de braves extrêmes-occidentaux n'est pas la seule raison qui m'a poussé à l'inclure dans le coin. Il s'agit surtout de ce que ce brave homme a décidé de faire de sa vie : noircir des partitions.
Mais au fait, vous étiez au courant que cet article porterait sur un truc genre œuvre musicale ? Dorénavant, vous l'êtes très certainement. Si la musique, a fortiori classique (ergotage : romantique), vous porte sur les nerfs, ou vous indiffère simplement, vous pouvez en toute quiétude quitter la salle sans crainte de vous voir abattu dans le dos par la flèche de mon courroux dévastateur.
Toujours est-il que son nom à l'orthographe passablement terrifiante pour nos claviers de braves extrêmes-occidentaux n'est pas la seule raison qui m'a poussé à l'inclure dans le coin. Il s'agit surtout de ce que ce brave homme a décidé de faire de sa vie : noircir des partitions.
Mais au fait, vous étiez au courant que cet article porterait sur un truc genre œuvre musicale ? Dorénavant, vous l'êtes très certainement. Si la musique, a fortiori classique (ergotage : romantique), vous porte sur les nerfs, ou vous indiffère simplement, vous pouvez en toute quiétude quitter la salle sans crainte de vous voir abattu dans le dos par la flèche de mon courroux dévastateur.
mercredi 22 septembre 2010
Discours
« Mesdames, Mesdemoiselles, Messieurs, mes chers amis, vous tous, et toi, Kurt, mon salaud : aujourd'hui est un grand jour pour moi.
Vous savez, au début je n'y croyais pas. Je me disais que c'était impossible, irréalisable. J'avais tort.
Je n'ai jamais abandonné pourtant. J'étais sans espoir, je n'avais plus foi en rien, mais je n'ai pas abandonné. Jusqu'au bout j'ai tenu, j'ai ignoré mon cœur qui me disait de laisser tomber. Mon cœur, c'était plus moi, c'était un traître qui me minait de l'intérieur. Je l'ai pas écouté, j'ai préféré suivre ma volonté.
Et aujourd'hui je suis là, devant vous, je vous parle et je n'y crois toujours pas. Je ne suis toujours pas complètement revenu de ces terres désolées où il n'y avait plus aucun espoir.
J'imagine qu'il faut que j'en remercie quelques uns qui m'auront permis d'arriver jusque là, qui m'auront permis de ne pas abandonner lorsque tout était noir. Je ne sais par où commencer, vous m'avez tous tant apporté, et je n'aurais pas assez d'une vie pour vous témoigner ma reconnaissance éternelle.
Vous savez, au début je n'y croyais pas. Je me disais que c'était impossible, irréalisable. J'avais tort.
Je n'ai jamais abandonné pourtant. J'étais sans espoir, je n'avais plus foi en rien, mais je n'ai pas abandonné. Jusqu'au bout j'ai tenu, j'ai ignoré mon cœur qui me disait de laisser tomber. Mon cœur, c'était plus moi, c'était un traître qui me minait de l'intérieur. Je l'ai pas écouté, j'ai préféré suivre ma volonté.
Et aujourd'hui je suis là, devant vous, je vous parle et je n'y crois toujours pas. Je ne suis toujours pas complètement revenu de ces terres désolées où il n'y avait plus aucun espoir.
J'imagine qu'il faut que j'en remercie quelques uns qui m'auront permis d'arriver jusque là, qui m'auront permis de ne pas abandonner lorsque tout était noir. Je ne sais par où commencer, vous m'avez tous tant apporté, et je n'aurais pas assez d'une vie pour vous témoigner ma reconnaissance éternelle.
vendredi 17 septembre 2010
Post equitem sedet atra cura.
Inauguration de ce thème fantastiquement noir.
Au départ j'y avais mis un fond de loutre du Sud en pleine activité estivale ; mais c'était plus lourd à charger, et surtout ça reflétait moins la noirceur de la vie qui est triste : une loutre, on ne le dira jamais assez, c'est la vie dans sa pleine et entière expression, c'est un animal porteur d'espérance qui a traversé les âges et qui toujours de sa lumière a baigné les hommes. Mais là non, fallait quelque chose de conceptuellement noir. Partant du principe qu'on allait appuyer le concept jusqu'au bout de lui-même, il fallait indéniablement du noir non plus conceptuel mais concret.
Au départ j'y avais mis un fond de loutre du Sud en pleine activité estivale ; mais c'était plus lourd à charger, et surtout ça reflétait moins la noirceur de la vie qui est triste : une loutre, on ne le dira jamais assez, c'est la vie dans sa pleine et entière expression, c'est un animal porteur d'espérance qui a traversé les âges et qui toujours de sa lumière a baigné les hommes. Mais là non, fallait quelque chose de conceptuellement noir. Partant du principe qu'on allait appuyer le concept jusqu'au bout de lui-même, il fallait indéniablement du noir non plus conceptuel mais concret.
vendredi 3 septembre 2010
L'Article sans fin, ou Épopée champêtre
Vous trouvez pas ça marrant, vous, que le type qui ait écrit L’Histoire sans fin se nomme précisément Michael Ende ?
Avertissement préalable autant qu'indispensable : une large partie de cet article n'est qu'un amas de lettres assez remarquablement ignoble. Je vous suggère donc amicalement de vous rendre immédiatement à la deuxième partie, que vous saurez repérer dans les environs des deux tiers de la page.
Afin de vous rendre la tâche plus aisée, un signal visuel accrocheur a été judicieusement placé, il se présentera lui-même à vous lorsque vous serez à proximité : ce signal indique le point de départ de la seconde partie de l'Article (offrons-lui une majuscule) dont l'intérêt, qui jusqu'à ladite partie était fluctuant et nébuleux, s'autorise une virée discrète vers le potentiellement vérifiable.
Un dernier rappel : le jeu n'en vaut pas la chandelle. Si par aventure vous en veniez à cliquer sur le lien qui vous amènerait vers l'Article tout entier, résistez, résistez à cette insidieuse voix qui vous susurre : « lis donc la suite… ». Accrochez-vous à ce signal visuel comme un nageur à une bouée de sauvetage (en pleine tempête, ça va de soi). Ce préambule n'est pas à prendre à la légère, et vous seriez bien inconscient d'ignorer cette mise en garde. Faites-moi confiance…
Avertissement préalable autant qu'indispensable : une large partie de cet article n'est qu'un amas de lettres assez remarquablement ignoble. Je vous suggère donc amicalement de vous rendre immédiatement à la deuxième partie, que vous saurez repérer dans les environs des deux tiers de la page.
Afin de vous rendre la tâche plus aisée, un signal visuel accrocheur a été judicieusement placé, il se présentera lui-même à vous lorsque vous serez à proximité : ce signal indique le point de départ de la seconde partie de l'Article (offrons-lui une majuscule) dont l'intérêt, qui jusqu'à ladite partie était fluctuant et nébuleux, s'autorise une virée discrète vers le potentiellement vérifiable.
Un dernier rappel : le jeu n'en vaut pas la chandelle. Si par aventure vous en veniez à cliquer sur le lien qui vous amènerait vers l'Article tout entier, résistez, résistez à cette insidieuse voix qui vous susurre : « lis donc la suite… ». Accrochez-vous à ce signal visuel comme un nageur à une bouée de sauvetage (en pleine tempête, ça va de soi). Ce préambule n'est pas à prendre à la légère, et vous seriez bien inconscient d'ignorer cette mise en garde. Faites-moi confiance…
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